Le café dans la culture mondiale

La place du café dans la culture mondiale va au-delà du plaisir gustatif ou de l’effet stimulant. Cette boisson s’inscrit dans une longue tradition de plusieurs siècles et s’accompagne de gestes codifiés qui ont évolué avec le temps et les secteurs géographiques. Chaque pays cultive un art singulier de la préparation, de la dégustation et du partage du café. 

tasse de café

Un héritage devenu mondial 

Après la découverte du café et de ses propriétés stimulantes en Éthiopie, la boisson se diffuse dans le monde arabe, jusqu’à l’apparition des premiers établissements servant du café, recensés au XVIe siècle dans l’actuelle Istanbul. Le café est alors utilisé finement moulu et préparé dans un cezve, ce récipient toujours utilisé aujourd’hui pour le café turc. 

Avec l’expansion commerciale et les routes maritimes, la culture caféière gagne l’Europe puis le continent américain. Les plantations prennent de l’importance, et les grandes régions productrices de café se dessinent : Amérique latine, Afrique orientale, Asie du Sud-Est. 

Aujourd’hui, selon le Cirad, les filières caféières font vivre plus de 120 millions de personnes. Le café se trouve ainsi au cœur des dynamiques sociales, économiques et identitaires des pays producteurs. 

Les traditions autour du café à travers le monde 

Si chaque société a inventé sa propre manière de boire le café, on retrouve partout un point commun : le café crée du lien. Il rythme la vie quotidienne en Italie, marque l’hospitalité au Moyen-Orient et symbolise la convivialité en Amérique latine.

Turquie : le rituel comme patrimoine vivant

Préparer un café turc, c’est respecter une gestuelle immuable : cuisson lente dans le cezve, service accompagné d’un verre d’eau. Le café n’est pas filtré. Il se déguste en laissant le marc se déposer. Au-delà de la technique, ce café est un rituel de sociabilité. 

Éthiopie : la cérémonie comme symbole d’unité

En Éthiopie, la tradition autour du café se déroule en plusieurs étapes. Les grains sont torréfiés devant les convives, écrasés au pilon puis préparés dans une jebena en terre cuite. Le rituel très codifié du service représente différents niveaux de générosité et d’échange qui renforcent le lien social. 

Italie : la culture de l’espresso

L’Italie a façonné une culture du café centrée sur l’espresso. Boire un café debout au comptoir fait partie du quotidien et à chaque moment de la journée correspond une boisson caféinée : espresso rapide le matin, ristretto après le repas, cappuccino réservé au petit-déjeuner. 

Moyen-Orient : hospitalité et hiérarchie sociale

Au Moyen-Orient, le café à la cardamome est un symbole d’hospitalité. La manière de le servir, la taille des tasses et l’ordre dans lequel on le propose suivent des règles précises. Offrir un café est un acte de respect, parfois même un moyen de sceller un accord.

Afrique et Amérique latine : convivialité et terroirs

Au Kenya ou en Côte d’Ivoire, la pause-café est un moment de partage, souvent autour de cafés robusta locaux. En Colombie, le « tinto » est un art de vivre, tandis qu’au Mexique le café de olla est préparé avec de la cannelle et du sucre de canne. 

Asie : entre tradition et techniques modernes

Au Vietnam, le café se boit souvent sucré avec du lait concentré. En Indonésie, le kopi tubruk se prépare directement dans la tasse. Au Japon, la culture du café filtre et des méthodes douces a donné naissance à une approche très technique et méticuleuse, inspirée du thé.

L’art de la dégustation du café à travers le monde 

La manière dont le café est bu et apprécié évolue aussi selon les pays et les continents. On retrouve par exemple : l’infusion douce en Asie, l’extraction sous pression en Europe, la décoction en Turquie, et la filtration lente en Amérique du Sud. Le café peut se boire sucré, épicé, mousseux, corsé ou encore très allongé. Ce sont ces gestes et ces choix qui créent l’incroyable diversité des pratiques autour du café dans le monde.

Entre héritage et modernité : un patrimoine vivant

Les traditions du café continuent d’influencer les tendances actuelles. On peut observer la montée du slow coffee, l’intérêt pour la traçabilité, le retour des méthodes artisanales et la valorisation des terroirs. Les baristas réinterprètent les gestes historiques, tandis que les torréfacteurs artisanaux jouent un rôle central dans la préservation des savoir-faire.

Par leur connaissance des origines et des profils aromatiques, les maîtres artisans torréfacteurs, comme Los Primos, transmettent l’histoire, la culture, les arômes et les pratiques qui ont façonné le café à travers les continents